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Le miel par passion

« Si l’abeille disparaissait de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre ». Cette fausse citation, bien qu’attribuée à Albert Einstein, met en évidence l’importance de l’apiculture sur toute la surface de notre planète.

En effet, le miel est une des dernières denrées strictement naturelles. Il représente la douceur et le sucre, il est produit partout dans le monde, sans aucune autre intervention humaine, si ce n’est la « domestication » de certains essaims.
Depuis la nuit des temps, il est le symbole de la félicité, de la richesse et du labeur.
Dans notre commune, il reste encore quelques passionnés qui produisent, avec l’aide de leurs colonies, ce fameux nectar. Cet article a pour but de mettre en valeur ce travail et cette passion ainsi que, dans une moindre mesure, de vous sensibiliser à l’importance de cet insecte sur nos vies quotidiennes.
Francis Ansermet a inoculé son virus à Raphaël Bernard qui depuis plus d’une saison a repris sur les conseils avisés de son mentor, l’exploitation d’une trentaine de ruches.

Comment vous est venue l’envie de vous lancer dans l’apiculture ?
Francis Ansermet : Grâce à Robert Dubey qui faisait de l’apiculture et, dans un premier temps, j’ai commencé par l’aider. Ensuite, il m’a conseillé de prendre une ruche et tout a commencé comme ça. J’ai commencé avec un Dadant (nom pour les ruches extérieures). Par la suite, j’ai augmenté mes colonies de 1995 jusqu’en 2000 avec la reprise d’un rucher complet à Dompierre, que j’ai ramené à Gletterens. Depuis l’an passé, c’est Raphaël qui s’occupe de la colonie. Il devra néanmoins prendre des cours d’apiculteur à l’institut de Grangeneuve et obtenir son certificat pour entrer dans la « famille ».

Raphaël Bernard : Tout est parti de la location de la maison de Francis. Ses ruches étant dans le jardin, j’ai eu en plus le plaisir de prendre en charge la colonie. Dans un premier temps, je ne savais pas trop ou j’allais, mais j’ai été vite « piqué » et je me suis pris au jeu.

Avez-vous des normes d’hygiène à respecter pour produire du miel ?
F. A. : Nous sommes contrôlés par la société romande d’apiculture. Chaque année, nous contrôlons la teneur en eau dans le miel, qui est de 18,5. Si on dépasse ce chiffre notre miel n’est pas labellisé. Pour la teneur en eau, si nous ne sommes pas dans la norme, c’est une indication que le miel n’est pas mûr et qu’il y a un risque de pourriture. En principe l’abeille détermine elle-même quand son nectar est à maturité en bouchant (opercule) les alvéoles.

Comment faites vous pour rassembler des colonies ?
R. B. : On peut acheter une petite colonie avec une reine et si la reine est productive on agrandit la ruche avec des cadres supplémentaires. Il y aussi la possibilité de trouver des essaims, principalement au mois de mai. Ces essaims proviennent soit de sa propre colonie qui se divise avec une nouvelle reine et quitte la ruche primaire (rucher initial). Soit ce sont des essaims qui peuvent venir de plus loin (village voisin ou / et rucher voisin). Parfois il faut changer la reine de ces essaims. On en trouve chez des apiculteurs spécialisés dans la reproduction de reines que nous recevons par courrier postal, ceci pour le côté anecdotique.
Une fois la colonie rassemblée, il faut en assurer le suivi et la survie en contrôlant si les abeilles ne sont pas atteintes par un virus. Il y aussi le problème des traitements dans l’agriculture qui peuvent décimer une colonie. En principe, les agriculteurs ne sont pas autorisés à traiter avant 21h.

Combien produisez vous de miel par année et un ­apiculteur peut-il vivre de son travail ?
F. A. :  C’est proportionnel au nombre de ruches, la qualité de la colonie : la moyenne est d’environ 12 kilos. Si la météo est mauvaise (froide), les abeilles peuvent également manger leur production pour survivre. Il y a aussi la notion des distances comme par exemple si un champ de colza est trop éloigné du rucher, les abeilles auront tendance à ne pas y aller.
Pour la rentabilité, je dirais que c’est plus une passion qu’une profession et il faudrait plus de 200 ruches pour commencer à imaginer en vivre.

Les abeilles sont-elles ­dangereuses ? Quelle est la différence entre les guêpes et les abeilles ?
R. B. En principe, et comme pour beaucoup d’espèces, les abeilles ont plus peur de nous que le contraire… Il faut rester calme quand elle est à proximité et ne pas commencer à s’agiter dans tous les sens. Contrairement aux guêpes, si une abeille vous pique, elle perd son dard et meurt.
Les guêpes ne sont pas plus dangereuses que les abeilles. Ce sont simplement des profiteuses qui ne produisent pas de miel et qui s’alimentent souvent dans les ruchers. Un des soucis des apiculteurs, c’est de contrôler de ne pas avoir trop d’intruses dans ses colonies.

Quelques chiffres
1 essaim = 1 reine, 500 faux-bourdons, 25 000 ouvrières.
1 colonie = 1 reine, 3000 faux-bourdons, 6000 ouvrières.
Au cours de sa vie, une reine pond environ 500 000 œufs.
Pour obtenir 1 kilo de miel, il faut 3 kilos de nectar récolté soit 100 000 sorties sur 150 millions de fleurs.
Au printemps, le miel provient principalement des arbres fruitiers, des pissenlits et du colza.
En août, le miel provient des sapins, framboises et lavandes.

Nicolas Savoy

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